Recherche & fondements scientifiques

Sur quoi s’appuie la méthode ADIS™ ?

ADIS™ s’appuie sur des principes issus de l’analyse appliquée du comportement, de l’enseignement naturaliste, de la recherche sur le langage et la communication, de l’observation directe et de plus de vingt-cinq ans de pratique auprès d’enfants autistes, de familles et d’équipes.

L’objectif de cette page n’est pas de présenter ADIS™ comme une méthode déjà validée dans son ensemble, mais de rendre visibles les travaux scientifiques qui éclairent ses choix et les questions de recherche qui ont contribué à sa construction.

La méthode intégrée ADIS™ n’a pas encore fait l’objet d’une étude d’efficacité spécifique. Les principes qu’elle mobilise, en revanche, s’inscrivent dans des champs de recherche bien documentés.
Une démarche scientifique appliquée au terrain

Observer, formuler une hypothèse, ajuster, observer à nouveau

Dans ADIS™, la science n’est pas une liste de références ajoutée après coup. Elle se retrouve dans la manière de regarder ce qui se passe réellement et de modifier l’intervention en fonction des effets observés chez l’enfant.

1

Observer directement

Décrire ce que l’enfant fait réellement, dans quelles conditions, avec quel niveau d’aide et ce qui change lorsque l’adulte modifie sa posture ou l’environnement.

2

Tester les effets de l’aide

Une consigne, une question, un prompt ou un outil n’est pas considéré comme utile simplement parce qu’il produit une réponse. On regarde aussi ses effets sur l’initiative, l’engagement et la spontanéité.

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Privilégier la fonction

L’enjeu est moins la forme parfaite d’un comportement que sa fonction : est-ce que l’enfant comprend, initie, participe, communique et utilise cette compétence dans une situation qui a du sens ?

Recherche de Caroline Peters · Bangor University · 2012

Que se passe-t-il lorsqu’on pose beaucoup de questions pendant le jeu ?

Cette question est devenue centrale dans le travail de Caroline Peters : lorsqu’un adulte veut faire communiquer davantage un enfant, les questions fréquentes produisent-elles réellement davantage de communication spontanée ?

MSc Applied Behaviour Analysis · Bangor University

Effects of Asking Autistic Children Questions During Play

L’étude a comparé chez cinq enfants autistes âgés de 5 à 10 ans trois conditions de jeu libre : une condition avec des questions fréquentes, une condition avec des commentaires au même rythme et une condition neutre sans questions ni commentaires.

4/5ont montré moins d’interactions sociales spontanées dans la condition « Questions » que dans la condition neutre.
4/5ont produit moins d’énoncés spontanés dans la condition « Questions » que dans la condition neutre.
1/5a montré le profil inverse : les questions semblaient au contraire soutenir son engagement et son langage.

Pour certains enfants, les questions fréquentes étaient aussi associées à davantage de stéréotypies. L’étude suggère donc qu’une intervention très riche en questions peut, chez certains enfants, fonctionner comme une succession de demandes et réduire la spontanéité que l’on cherche précisément à développer.

Important : l’étude ne conclut pas qu’il ne faut jamais poser de questions. Le rythme étudié était élevé — environ trois questions par minute — et les réponses différaient selon les enfants. Elle invite surtout à observer les effets réels des questions et à ne pas confondre « répondre davantage » avec « communiquer davantage de sa propre initiative ».
Principaux champs de référence

Des fondements issus de plusieurs traditions de recherche

ADIS™ ne repose pas sur une technique unique. La méthode articule plusieurs champs qui aident à comprendre comment un enfant apprend, communique, généralise une compétence et devient progressivement plus acteur.

Analyse appliquée du comportement

Observation directe, analyse fonctionnelle, renforcement, conséquences naturelles, contrôle du stimulus, façonnement, généralisation et évaluation des effets de l’intervention.

  • Baer, Wolf & Risley (1968) — dimensions de l’ABA.
  • Cooper, Heron & Heward — Applied Behavior Analysis.
  • Iwata et al. — analyse fonctionnelle du comportement.
  • Wolf (1978) — validité sociale.

Enseignement naturaliste et incidental teaching

Partir de la motivation et de l’activité en cours, enseigner dans des situations naturelles et rechercher une utilisation fonctionnelle des compétences plutôt qu’une réussite limitée à la séance.

  • Koegel et al. — Pivotal Response Training.
  • Kaiser et al. — enseignement naturaliste du langage.
  • Heal & Hanley — effets possibles des embedded prompts sur le jeu.

Langage et comportement verbal

Comprendre la fonction du langage, soutenir les demandes qui correspondent à une intention réelle, développer la compréhension et aider l’enfant à apprendre de ce qu’il observe et entend dans son environnement.

  • Hart & Risley — The Social World of Children Learning to Talk : comment l’environnement social et langagier influence les apprentissages précoces.
  • Skinner — Verbal Behavior.
  • Sundberg & Partington — enseignement du langage.
  • Greer — Verbal Behavior Analysis.
  • McGreevy et al. — Essential for Living.

Développement, relation et corégulation

Le niveau développemental, la disponibilité relationnelle, le rythme de l’enfant et la capacité à agir avec l’autre influencent ce qui devient possible dans l’interaction et l’apprentissage.

  • Travaux et formations autour du RDI.
  • Recherche sur l’attention partagée et l’engagement social.
  • Approches développementales utilisées comme cadre de réflexion clinique complémentaire.
Façonnement en situation

Partir de ce que l’enfant montre déjà

Le façonnement ne consiste pas à exiger immédiatement la réponse finale. Il consiste à observer ce que l’enfant fait déjà, à reconnaître les approximations utiles et à faire évoluer progressivement la réponse.

Extrait d’une formation professionnelle ADIS™

Voir le façonnement, pas à pas

Dans cet extrait, Caroline Peters analyse une situation dans laquelle Ethan ne veut pas souffler. Son refus n’est pas traité comme une réponse à faire disparaître, mais comme une information à observer.

Le travail consiste à repérer ce qui est déjà possible, à ne pas imposer immédiatement la réponse attendue et à façonner progressivement une forme de réponse plus claire et plus fonctionnelle.

Observer · attendre · reconnaître une approximation · ajuster · façonner

Motivation, renforcement et conséquences naturelles

Pourquoi ADIS™ privilégie les renforçateurs naturels

Les renforçateurs externes peuvent être efficaces pour augmenter une réponse. ADIS™ ne le conteste pas. Son choix méthodologique est différent : développer des compétences que l’enfant utilise parce que l’activité, la relation, la réussite ou l’effet de son action ont eux-mêmes du sens.

Quand la récompense est séparée de l’activité

Une récompense extérieure peut attirer l’attention vers ce qui sera obtenu après la tâche plutôt que vers l’activité elle-même. Dans la pratique, elle demande aussi à l’adulte de sélectionner, réserver, gérer et réévaluer ce qui servira de renforçateur.

Pour ADIS™, cela peut rendre plus difficile une question centrale : l’enfant investit-il réellement l’activité ou cherche-t-il surtout à accéder à ce qui vient après ?

Quand la conséquence est contenue dans l’action

L’enfant communique et quelqu’un lui répond. Il apporte un objet fermé et l’objet s’ouvre. Il contribue à une construction et elle avance. Il agit avec une autre personne et l’action commune devient possible.

La conséquence aide alors l’enfant à découvrir que son propre comportement produit des effets réels sur les personnes, le matériel et les situations qui l’entourent.

Il s’agit toujours de renforcement

ADIS™ ne renonce pas au principe comportemental de renforcement. La méthode privilégie les conséquences fonctionnelles et naturelles directement liées à l’action : plaisir du jeu, réussite, effet produit, accès à ce qui était recherché, réponse de l’autre ou poursuite de l’activité.

L’objectif est que la motivation se construise progressivement à partir du plaisir d’agir, de comprendre, de réussir, de communiquer et de participer — et que les compétences restent utiles lorsque aucune récompense extérieure n’a été ajoutée à la situation.

Nuance : cette position décrit le choix méthodologique d’ADIS™. Elle ne signifie pas que les renforçateurs externes sont toujours inefficaces ou qu’ils ne peuvent jamais avoir une indication dans d’autres cadres d’intervention.
Communication primaire

Avant les mots : observer ce que l’enfant communique déjà

Un regard, une orientation du corps, un mouvement vers un objet, un geste, une vocalisation ou un retrait peuvent déjà avoir une fonction communicative. ADIS™ apprend à repérer ces formes, à leur donner un effet et à les façonner progressivement vers une communication plus claire et plus autonome.

La forme n’est pas la seule question

Un enfant peut savoir prononcer un mot, faire un signe ou sélectionner un pictogramme sans que cette réponse corresponde toujours à ce qu’il veut réellement exprimer à cet instant. ADIS™ s’intéresse donc à la fonction et à l’intention autant qu’à la forme.

Et la CAA ?

Gestes, signes, pictogrammes, applications ou autres moyens de CAA peuvent être précieux. La question de repère est : l’outil prolonge-t-il l’intention de l’enfant ou est-ce surtout l’adulte qui pilote la communication ?

Watch’n Learn – outil développé par Caroline Peters
Langage et apprentissage par observation

Watch’n Learn : apprendre à apprendre de son environnement

Watch’n Learn a été développé par Caroline Peters pour travailler des compétences qui permettent à l’enfant d’observer, d’écouter, de relier des mots à ce qui se passe autour de lui et d’acquérir progressivement du langage à partir de son environnement.

Le programme organise une progression autour de la discrimination, du matching, de la mémoire auditive et de l’apprentissage de nouvelles relations entre objets, personnes, actions et mots.

Publication dans Les Cahiers de l’ASELF

Watch’n Learn a fait l’objet d’un article-entretien dans Les Cahiers de l’ASELF consacré à son développement et à sa logique pédagogique. Une page dédiée présente également le programme et donne accès à un webinaire gratuit de 60 minutes.

  • Apprentissage du langage oral.
  • Observation et écoute de l’environnement.
  • Développement de compétences de naming.
  • Support structuré pour les professionnels.
Recommandations françaises de bonnes pratiques

Des repères en cohérence avec les recommandations de la HAS

Plusieurs principes qui structurent ADIS™ rejoignent les repères actuellement mis en avant par la Haute Autorité de Santé pour l’accompagnement des enfants et adolescents autistes.

Les recommandations HAS 2026

Les recommandations publiées par la HAS en 2026 mettent notamment l’accent sur :

  • des interventions globales développementales et comportementales ;
  • une évaluation régulière du fonctionnement et des besoins de l’enfant ;
  • un volet personnalisé consacré à la communication, avec recours à la CAA lorsqu’elle est indiquée ;
  • l’adaptation de l’environnement aux besoins individuels ;
  • l’analyse fonctionnelle et les interventions comportementales lorsqu’elles sont nécessaires face aux comportements-problèmes ;
  • la formation et la supervision des pratiques professionnelles pour favoriser l’application concrète des recommandations.

ADIS™ n’est pas une méthode recommandée ou validée en tant que telle par la HAS. Son cadre de travail est cependant cohérent avec plusieurs de ces orientations.

Caroline Peters sollicitée comme personne ressource par l’ANESM

Bien avant la formalisation de la méthode ADIS™, Caroline Peters et l’ABA-Instituut étaient déjà identifiés dans le champ professionnel français.

Dans la recommandation de bonnes pratiques professionnelles de l’ANESM « Pour un accompagnement de qualité des personnes avec autisme ou autres troubles envahissants du développement », publiée en 2010, Caroline Peters figure dans l’annexe consacrée aux :

« Personnes ressources, établissements, et organismes sollicités pour l’étude qualitative »

Caroline Peters, ABA-Instituut, Drunen, Pays-Bas

Cette mention documente l’ancienneté de son implication dans la réflexion sur la qualité des pratiques et de l’accompagnement des personnes autistes.

Transparence scientifique

Ce que les références permettent de dire — et ce qu’elles ne permettent pas encore de dire

Ce qui est solidement documenté

  • Les principes fondamentaux de l’analyse appliquée du comportement.
  • L’efficacité de nombreuses procédures d’enseignement naturaliste.
  • L’importance de la généralisation et de l’utilisation fonctionnelle des compétences.
  • Les effets que certaines formes de prompting peuvent avoir sur le comportement et l’engagement de certains enfants.

Ce qui reste à étudier spécifiquement

  • L’efficacité de la méthode ADIS™ comme ensemble intégré.
  • Les effets à long terme de ses quatre blocs sur l’initiative et la participation.
  • Les profils d’enfants pour lesquels certains ajustements sont particulièrement utiles.
  • Les meilleures mesures pour documenter les changements dans la vie quotidienne et en établissement.
Pour aller plus loin

De la littérature scientifique à l’observation du quotidien

La formation ADIS™ ne demande pas aux professionnels de choisir entre « théorie » et « relation ». Elle leur apprend à utiliser les connaissances disponibles pour mieux observer, ajuster et décider dans les situations concrètes.

ACE Provider Information
Provider Name: Caroline Peters
Provider Type: Individual
Provider Number: IP-25-11837

Certification BCBA
#: 1-14-16

Certifiée par le BACB depuis 2014.
ACE provider #: IP-25-11837

#ACC-A-14-0145

Adresse

47 Route de la Grange aux Moines

78460 CHOISEL

FRANCE

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